ON Y PARLE DE....

OK, JE VOUS DIS TOUT

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  • Je suis un être roux doté de longues oreilles, qui observe avec curiosité: vos comportements, ce que vous avez fabriqué (objets, monuments), la nature dans laquelle vous évoluez (ce qu'elle est, ce que vous en faites) et qui en parle...

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Offert par  Monsieur-Triste




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Texte libre

BANNIÈRE INVENTÉE, COMPOSÉE ET OFFERTE PAR  MONSIEUR-TRISTE

Texte Libre

Bonjour à tous,  je tiens à vous dire merci à tous qui passez me voir et me laissez des commentaires aussi gentils, je voulais simplement vous préciser que du coup, je suis amenée à faire un choix, soit prendre le temps de répondre à chacun de vous, soit, consacrer ce temps à visiter vos sites.
C'est ce que j'ai choisi de faire, car je veux pouvoir lire tranquillement vos articles, et vous répondre vraiment, pas juste vous dire bonjour.
Voilà, j'espère que vous comprendrez ma démarche, sachant que par contre j'irai visiter chacun de vous. 
Deux choses importantes: TOUS MES TEXTES SONT SOUS COPYRIGHT 
Et.....................................JE N'ACCEPTE JAMAIS LES TAGS
Jeudi 1 avril 2010 4 01 /04 /2010 01:13


Photo de Dominique



Dans ma robe de gitane rouge et noire, je danse dans le vent. 

Au-dessus des prairies verdoyantes je dresse ma tête écarlate, dans les champs en jachère je rutile, partout où les semences n'ont pas pris toute la place, où les engrais sélectifs n'ont pas rendu le sol rebelle à notre présence, mes soeurs et moi, émaillons la nature de nos pétales cramoisis.

Longtemps, on nous a vues partout, les enfants nous cueillaient, faisaient des poupées avec nos corolles, nous étions le signe de vitalité de la terre que nous avions investi.

Mais, nous n'avons plus droit de cité dans beaucoup d'endroits, à tel point que les promeneurs nous découvrent d'un oeil ravi.

Bientôt peut-être, les humains vont nous élever au rang de fleurs rares et nous cultiver en serres, comme ils le font pour beaucoup d'autres choses qu'ils avaient commencé par essayer d'éradiquer joyeusement.

Alors, vous nous retrouverez dans les jardins d'un de ces monuments dont ils ont détruit les semblables et qu'ils entretiennent maintenant avec des soins de nourrice, car il est devenu le vestige d'une époque dont ils réalisent que les constructions étaient belles.

Nous serons traitées comme les animaux dont après avoir décimé les représentants, ils mettent les survivants dans des zoos ou des réserves, et surveillent avec espoir la reproduction... 

Dommage qu'il faille qu'une espèce soit en voie d'extinction pour susciter l'intérêt...

En attendant, dès que je le peux, dans ma robe de gitane rouge et noire, je danse dans le vent. 


Par Renard - Publié dans : UN CLICHÉ: UNE SENSATION - Communauté : j'aime pas les humains!
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Vendredi 19 mars 2010 5 19 /03 /2010 22:55
RAKU.jpg



Nous sommes des boules en Raku, chacune de nous est unique.
 

Issu d'un art ancien dont les règles ont été définies une fois pour toutes, et sont rigoureusement observées depuis des siècles: la cérémonie du thé au Japon, le raku est un art qui tout au contraire dépend beaucoup du hasard, puisque pour celles d'entre nous qui n'avons pas été cassées pendant les cuissons et autres immersions, notre apparence définitive dépend finalement de notre passage dans un contenant rempli de copeaux de bois, et de la façon dont nous allons sympathiser avec eux.
 

 

Contrairement aux autres artistes qui peaufinent leurs ouvrages et les guident vers l'aboutissement qu'ils ont choisi, le sculpteur qui pratique l'art du raku, fait toujours un pari en commençant une oeuvre.
 

Même si au départ, le céramiste a décidé de la forme de l'objet, et de la couleur de l'émail qui sera appliqué, c'est le matériau utilisé qui de toute sa vitalité se craquelera lors de l'enfumage et du coup, modifiera l'uniformité de la couleur choisie par l'artiste.
 

Cet art est à mon sens celui qui se rapproche le plus de l'enfantement, car il laisse toute latitude à la matière pour évoluer.
 

Avec l'humilité et l'éblouissement d'une mère devant son enfant juste né, qui remarque le pli dans la main, la longueur des cils, caresse le petit pied lisse, l'artiste découvrira APRES le travail, la forme des craquelures, les ombres sur l'émail, et en passant son doigt sur l'objet, sentira des nervures qui n'étaient pas prévues, mais qui n'auraient pas pu ne pas être.
 

C'est juste à cet instant là, qu'elle sera pleinement heureuse de découvrir ce qu'elle a créé.
 

C'est pour cela que nous nous appelons RAKU, ce qui veut dire: 

LE BONHEUR DANS LE HASARD



Par Renard - Publié dans : UN CLICHÉ: UNE SENSATION - Communauté : Les mots offerts
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Mercredi 3 mars 2010 3 03 /03 /2010 06:00


Photo de Dominique


Tu vois mon chien, nous sommes posés sur un des sabliers du globe.

Oh, bien sûr, celui-ci a sa propre mesure..

Son rythme n'a rien à voir avec ceux qui s'écoulent dans ces autres arènes bâties de contraintes, de vitesse, et de feintes.

Le sable sans arrêt en mouvance nous offre chaque jour un décor légèrement dissemblable à celui de la veille. Libre, sans parois de verre pour le guider, il n'a gardé de fidèlité qu'au vent qu'il accompagne, et au soleil dont il promène l'ocre chaud de dunes en dunes.

Tu vois, compagnon, nous n'avons pas besoin de courir pour nous sentir exister, de lever la tête vers le ciel pour voir plus loin, de paroles pour être entendus...

C'est l'espace qui se moule à nos corps quand nous nous asseyons, le chant de la planète qui bat à l'amble de notre silence, la multitude des grains qui remplace la foule... 

Tu vois ami, ici, nous sommes loin du tapage de l'actualité, des centres d'affaires, des honneurs ou des scandales, mais nous sommes au Coeur du Monde. 


 
Par Renard - Publié dans : UN CLICHÉ: UNE SENSATION - Communauté : j'aime pas les humains!
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Samedi 20 février 2010 6 20 /02 /2010 19:26
VeloKri.jpeg


Photo de Kri


Elle est à peine adolescente, et c'est d'un pas leste qu'elle s'apprête à tourner le coin d'une rue allègrement parcourue.
 

L'air, sa foulée, la journée elle-même, sont légers, comme il le sont souvent pendant la jeunesse...
 

Juste comme elle aborde la rue transversale, elle s'aperçoit qu'elle doit passer tout près de deux femmes qui discutent. L'une d'elles tient le guidon d'une bicyclette de ses deux mains, elle est penchée vers son interlocutrice.
 

Elle les frôle au moment où la femme au vélo dit à l'autre: "tu sais, des fois, je constate que mes souvenirs, et bien, ils ont trente ans, quarante ans... et ça me fait drôle..."
 

Elle est toujours légère, pourtant, sans le savoir, elle vient de recueillir une de ces phrases qui vont lui revenir tout au long de sa vie. Pour l'instant, elle se dit vaguement que pour avoir des souvenirs de cet âge, cette femme doit sûrement être très très vieille, mais elle ne se retourne même pas pour la regarder...
 

Les années ont passé, épisodiquement, elle repensait au vélo et aux deux mains accrochées à son guidon, pendant qu'elle réfléchissait à cette phrase, en évaluant le risque de se retrouver dans la même situation. Au début, très dubitativement, ensuite, comme une possibilité, puis, comme une échéance inéluctable.
 

Hier, un évènement de son enfance lui est revenu en mémoire, et après un rapide calcul, elle a réalisé que ce souvenir a quarante ans....
 

Sans jamais avoir vu le visage de cette femme, elle l'a rejointe....


 

Par Renard - Publié dans : UN CLICHÉ: UNE SENSATION
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Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /2010 18:18







Photo de Domi


Du haut de la colline, je contemple le vallon déjà plongé dans la nuit.
 

Au creux de ce vallon, la maison, autour de la maison, de la lumière.
 

Je n'ai jamais pu voir aussi loin sur une avenue même rectiligne, et bordée de réverbères sur toute sa longueur....Peut-être est ce parce que je ne la regardais qu'avec mes yeux...
 

Aucun éclairage moderne, si performant soit-il ne peut émettre cet appel silencieux vers une intimité paisible.
 

Dans cette aura d'or fondu, née d'heures de tendresse, de partages, de complicité, la maison est à cet instant une entité à part qui défie l'obscurité.
Posée au coeur d'un espace dont elle est devenue la pierre angulaire, elle féconde, et fait éclore en continu chaleur et bien-être qui à leur tour l'enveloppent et l'éclairent.
 

Elle semble enflammée, et pourtant de ce foyer d'énergies, ne vient pas un déferlement donnant envie de fuir, mais plutôt une invite à la rejoindre, à s'y poser, à s'abandonner.
 

La demeure rayonne de tout ce qui l'habite et la nourrit et grâce à cela, elle est devenue le centre du vallon, l'oeil de la nuit, la matrice rassurante, le signal bienveillant.
 

Du haut de la colline couverte de nuit, je contemple un soleil.

 

 
Par Renard - Publié dans : UN CLICHÉ: UNE SENSATION - Communauté : points de suspension
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