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Je suis un être roux doté de longues oreilles, qui observe avec curiosité: vos comportements, ce que vous avez fabriqué (objets, monuments), la nature dans laquelle vous évoluez (ce qu'elle est, ce que vous en faites) et qui en parle...
Brigittenous a demandé de parler de notre interprétation de l'art, comment nous le ressentons, les difficultés que nous rencontrons, et aussi de produire une oeuvre de notre cru en
rapport avec ce thème, je remonte dons des profondeurs de ce blog un texte que j'avais écrit au sujet de la difficulté à écrire.
Le voici d'après une photo de Dominique.
J'AURAIS VOULU...
J'aurais voulu écrire un conte fluide comme un ruisseau.
Une histoire où s'enfoncer aussi doucement que dans l'eau.
Pour que mes mots aient la ciselure requise, je les aurais tracés avec des plumes de givre, sur une toile brochée au relief de cailloux polis.
Chaque fois que j'aurais trempé ma plume dans le récipient de glace contenant l'encre translucide, elle en serait sortie imprégnée de douceur.
Ce seraient des mots d'apaisement comme il s'en chantonne dans les berceuses. Des phrases à prononcer à voix basse, un sourire au coin des lèvres, de la tendresse dans le regard.
Des mots limpides pour étancher la curiosité, avec de temps à autre, parsemés ça et là, deux ou trois d'entre eux en tiges effilées comme des joncs fragiles qui casseraient le rythme et
donneraient l'envie de plonger plus profond.
Des mots qui vous diraient le murmure de l'eau vive, le chant d'un goutte à goutte, le rire d'une cascade.
J'aurais voulu qu'au sortir de ce bain de lecture, chacun, chacune, se sente lisse, lavé, pacifié...