





Un matin, un camion
nous a déchargés à cet endroit, et depuis, malgré l'agitation de pas mal de corps de métiers tout autour, nous n'avons plus bougé de place. Vu qu'aucun d'entre eux ne nous prête plus d'attention
que les autres, nous n'arrivons pas à deviner celui qui nous a réclamés..
Comme un bonheur ne vient jamais seul, non seulement, nous sommes en vacances, mais, il se trouve qu'il y a une école à proximité,
alors, le meilleur moment de la journée est lorsque la sonnerie annonçant la fin des cours résonne.
Pourquoi parle t'on toujours d'envolée de moineaux? C'est envolée d'écoliers que l'on devrait dire. Quoi de plus dense, rapide et
joyeux qu'un groupe d'enfants auxquels il vient d'être signifié qu'ils sont libres?
Lorsque nous entendons le signal, tous, nous en frémissons d'aise, car depuis que nous sommes entreposés ici, les gamins boudent le square et préfèrent nous rendre visite.
Les petits corps nous caressent, les babillages nous animent...Nous leur servons de cachette, de tunnel, certains jouent à compter nos barreaux, et les plus hardis nous escaladent...
Vous ne pouvez savoir comme nos fins de journées sont heureuses.
L'autre jour, un d'entre nous a émis l'idée que le livreur a du se tromper, et que nous étions sûrement destinés à un jardin d'enfants..
Pourvu qu'il ait raison!